Étal de churchkhela (colliers de noix enrobées de jus de raisin) dans un marché géorgien coloré
Gastronomie

Street food géorgienne : marchés et saveurs de rue à Tbilissi et ailleurs

Sommaire de l'article

En Géorgie, la nourriture ne se limite pas aux tables des restaurants. Elle déborde dans les rues, s’installe sur les étals des marchés, sort chaud des fours en argile cylindriques appelés tone, s’étale en longs colliers colorés aux portes des épiceries. La street food géorgienne est une expérience à part entière, aussi riche et généreuse que la table géorgienne traditionnelle — mais accessible à tout le monde pour quelques laris.

Ce guide vous emmène à la rencontre des marchés, vendeurs ambulants et saveurs de rue de Tbilissi, Batoumi et des routes de Géorgie, pour manger authentique et bien pour moins de 5 €.

🏪 Le Dézerter Bazar : le marché du bout du monde

Le Dézerter Bazar : le marché du bout du monde
Photo : jade xie / Pexels

Le Dézerter Bazar — Dezertiruli Bazroba en géorgien — est le plus grand et le plus vivant des marchés alimentaires de Tbilissi. Son nom évocateur vient d’une histoire ancienne : dans les années 1920, lors de l’occupation soviétique de la Géorgie, des soldats déserteurs de l’Armée rouge y vendaient leurs uniformes militaires. Aujourd’hui, c’est une ruche de plusieurs milliers de vendeurs répartis sur plusieurs hectares près de la gare ferroviaire centrale, dans le quartier de Didube.

Ce qu’on y trouve

Le Dézerter Bazar est un voyage sensoriel total. Les étals se succèdent à l’infini : pyramides de tomates parfumées, montagnes de noix décortiquées, sacs de toutes les épices du Caucase, bocaux de cornichons faits maison, fromages frais de montagne, miel de fleurs sauvages. Puis les poissons du Caucase étalés sur la glace, les viandes fumées, les pains chauds qui sortent des fours.

Ce que vous pouvez goûter sur place :

  • Shotis puri : le pain plat géorgien cuit dans un four tone (cylindrique en argile). Les vendeurs en sortent des fournées fumantes en continu. Pour 0,50 GEL, vous repartez avec un pain chaud et croustillant.
  • Fromages locaux : sulguni, imeruli, tushuri — les vendeurs proposent généralement des dégustations. Le sulguni fumé se mange en marchant.
  • Miel de montagne : les vendeurs de miel vous en feront goûter plusieurs variétés. Le miel de fleurs du Caucase est exceptionnel.
  • Noix épicées : mélange de cerneaux de noix, ail, piment rouge et coriandre — croquant et addictif.
  • Tklapi : cuir de fruit séché à partir de prunes, cerises ou abricots. Acidulé et concentré, c’est le snack des randonneurs géorgiens.

Comment s’y rendre

Le Dézerter Bazar se trouve à côté de la gare ferroviaire de Tbilissi, dans le quartier de Didube. Prenez le métro jusqu’à la station Station Square (Vagzalis Moedani, lignes 1 et 2) — la sortie donne sur la gare centrale, adjacente au marché. Il est ouvert tous les jours de l’aube jusqu’à 16h environ, avec l’animation maximale en matinée (8h-12h).

Conseil : le marché est dense et très fréquenté. Portez votre sac en bandoulière à l’avant et gardez vos affaires à vue. Les prix sont généralement affichés ou indiqués sur demande.

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Visites guidées des marchés de Tbilissi

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🥟 Le khinkali de rue : le roi du snack géorgien

Le khinkali est le plat national géorgien par excellence — ces gros raviolis farcis à la viande (ou aux champignons, aux épinards, au fromage) et pleins de bouillon brûlant sont la quintessence du confort food caucasien. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le khinkali est aussi une affaire de rue.

Comment manger le khinkali à la géorgienne

La règle d’or : on tient le khinkali par la “tête” torsadée (le kudi), on mord un petit trou dans le bas, on aspire le bouillon brûlant, puis on mange le reste. La tête est traditionnellement laissée dans l’assiette (certains la mangent quand même, ce n’est pas interdit). On compte combien de queues s’accumulent dans l’assiette — c’est le compteur officiel de l’appétit.

Où trouver le khinkali de rue à Tbilissi ?

De nombreuses petites cantines et échoppes du quartier Didube (près du Dézerter Bazar) servent des khinkali à emporter ou à manger debout. Dans le quartier historique de Meidani et autour de la place de la Liberté, des restaurants populaires servent aussi le khinkali en formule rapide.

Prix : comptez 1 à 1,50 GEL par khinkali dans les cantines populaires. Trois khinkali (environ 4 GEL) constituent un encas solide, cinq à six font un repas complet.

Les variantes régionales

  • Khinkali khevsuruli : la version de montagne des Khevsoures, qui se distingue par l’absence d’herbes fraîches (persil et coriandre) dans la farce.
  • Khinkali kalakuri (“de la ville”) : la version de Tbilissi, avec un bouillon plus généreux et une farce mêlant bœuf et porc.
  • Khinkali kartopilebi : fourré aux pommes de terre et fromage (version végétarienne populaire).
  • Khinkali sokoebi : fourré aux champignons sauvages, excellent en automne.

Pour en savoir plus sur toutes les spécialités géorgiennes, lisez notre guide de la gastronomie géorgienne.

🍷 Churchkhela et douceurs de rue

La churchkhela est peut-être la chose la plus photographiée des marchés géorgiens : ces longs colliers de noix enrobées de jus de raisin séché forment des guirlandes de couleurs brun-rouge, violet et parfois vert, accrochées aux étals de tous les marchés du pays.

Comment est-elle fabriquée ?

La fabrication de la churchkhela est un art traditionnel qui se pratique surtout en automne, au moment des vendanges. Les cerneaux de noix (ou noisettes, amandes, abricots secs) sont enfilés sur un fil. Ce fil est trempé plusieurs fois dans le tatara — un mélange de moût de raisin frais (jus pressé avant fermentation) et de farine de blé ou de maïs — jusqu’à former une enveloppe épaisse d’un demi-centimètre environ. Puis la churchkhela sèche à l’air libre pendant plusieurs jours.

La Kakhétie est la région la plus réputée pour la churchkhela, notamment autour de Sighnaghi et Telavi, où les vignes abondent. En octobre-novembre, on voit des churchkhelas sécher partout dans les villages.

Prix : de 1 à 3 GEL pièce selon la taille. Un cadeau idéal à ramener : elle se conserve plusieurs semaines.

Autres douceurs ambulantes à ne pas manquer

  • Pelamushi : pudding épais de jus de raisin et farine, servi chaud ou froid, saupoudré de noix. Saisonnier (automne).
  • Gozinaki : galettes de noix grillées dans du miel cristallisé, traditionnel au Nouvel An géorgien (1er janvier).
  • Tklapi : cuir de fruit fait à partir de prunes tkemali ou d’abricots, roulé en feuilles. Très acidulé, très addictif.
  • Çurçkhela aux noisettes de Svanétie : version montagnarde avec noisettes et sel svanète (mélange d’épices locales).
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🌊 Street food à Batoumi : saveurs d’Adjarie

Batoumi, la ville côtière géorgienne sur la mer Noire, a sa propre scène de street food, influencée par la proximité de la Turquie et par sa culture d’Adjarie distincte.

Le khachapuri adjarian : l’incontournable

Le khachapuri d’Adjarie (adjaruli khachapuri) est différent de toutes les autres variantes de ce pain fourré au fromage. Il se présente en forme de barque : une pâte levée dorée et croustillante, remplie d’une généreuse quantité de fromage fondu (sulguni), avec un jaune d’œuf au centre et une noix de beurre qui fondent à la chaleur du four. On mélange le tout avec le coin de pain et on déguste immédiatement.

Ce plat est quasi impossible à manger debout et fait davantage partie de la catégorie restaurant que de la street food stricto sensu — mais des versions plus petites (mini khachapuri) sont vendues dans les boulangeries et cantines du front de mer de Batoumi pour quelques GEL.

Le boulevard de Batoumi la nuit

En été, le boulevard de Batoumi (la promenade longeant la mer Noire, environ 7 km) se transforme en grande fête nocturne de street food. Des dizaines de vendeurs ambulants et stands installent leurs tables le soir venu : brochettes de poulet (mtsvadi), maïs grillé, crêpes (blini) au fromage, glaces artisanales et jus de fruits frais.

La foule géorgienne y est dense et festive en saison estivale (juin-septembre). C’est l’un des endroits où vous vous mêlez le mieux aux locaux qui profitent de leurs soirées au bord de la mer.

À goûter à Batoumi :

  • Mtsvadi (brochettes de viande grillées sur charbon de bois) : 5-8 GEL par portion
  • Maïs bouilli ou grillé (simindis puri) : 1-2 GEL l’épi
  • Pkhali (boulettes de légumes aux noix et épices) : 0,50-1 GEL pièce
  • Jus de grenade fraîchement pressée : 2-3 GEL le verre

🛒 Marchés locaux sur la route : Sighnaghi et Koutaïssi

Marchés locaux sur la route : Sighnaghi et Koutaïssi
Photo : Aleksei Ivanov / Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

En dehors de Tbilissi et Batoumi, les marchés locaux des villes de province sont souvent les plus intéressants — moins touristiques, plus authentiques, avec des producteurs qui vendent directement leur récolte.

Marché de Sighnaghi (Kakhétie)

Sighnaghi, la jolie ville fortifiée de Kakhétie, accueille un petit marché couvert dans le centre. C’est l’endroit idéal pour acheter des vins locaux directement aux producteurs (certains vendent leurs propres vin maison en bouteilles ou même en vrac), des fromages de brebis, du miel de montagne et bien sûr la churchkhela locale, réputée être parmi les meilleures de Géorgie grâce à la qualité des raisins de la région.

Le marché est particulièrement animé le week-end et au moment des vendanges (septembre-octobre). Pour aller plus loin sur les vins de la région, lisez notre guide des vins géorgiens.

Marché central de Koutaïssi

Koutaïssi, la troisième ville de Géorgie, a un marché central vivant situé en plein centre-ville. On y trouve une belle sélection de produits de l’Imerétie : le fromage imeruli (doux et frais), les pains en différentes formes, les légumes et fruits de la plaine, les herbes aromatiques fraîches. C’est aussi un endroit où observer la vie quotidienne géorgienne loin des zones touristiques.

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💰 Budget street food et conseils pratiques

Ce que vous pouvez manger avec 10 GEL (~3,50 €)

SnackPrix approximatif
1 shotis puri (pain plat chaud)0,50 GEL
1 khinkali1 – 1,50 GEL
1 churchkhela1 – 2 GEL
1 lobiani (pain aux haricots)1 – 2 GEL
1 verre de jus de grenade2 – 3 GEL
1 portion mtsvadi (2-3 brochettes)5 – 8 GEL
1 tasse de thé noir1 – 2 GEL

Avec 10 GEL, vous pouvez manger un repas de rue complet et nourrissant. Pour une estimation précise de votre budget total de voyage, consultez notre guide budget Géorgie.

Hygiène et sécurité alimentaire

La cuisine de rue géorgienne est généralement fraîche et préparée à la minute. Quelques précautions raisonnables :

  • Privilégiez les étals très fréquentés : un fort débit de clients garantit la fraîcheur des produits.
  • Évitez les viandes exposées trop longtemps au soleil, surtout en été.
  • Le pain chaud sorti du four est toujours sûr. Les fromages frais locaux aussi.
  • L’eau du robinet est généralement potable en Géorgie, mais en cas de doute, l’eau en bouteille minérale locale est très bon marché (0,50-1 GEL pour 1,5 L).
  • Les fruits et légumes du marché peuvent être mangés après rinçage — ils sont souvent bien meilleurs que dans les supermarchés.

Quelques expressions utiles au marché

GéorgienPrononciationSens
რამდენია?ramdenia?Combien ça coûte ?
გმადლობთgmadlobtMerci
ერთიertiUn / une
გემრიელია!gemrielia!C’est délicieux !

Les vendeurs de marché apprécient visiblement quand les visiteurs font un effort minimal en géorgien — même mal prononcé, un gmadlobt déclenche souvent un sourire et parfois un cadeau supplémentaire.

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🗺️ Notre itinéraire street food à Tbilissi (une matinée)

️ Notre itinéraire street food à Tbilissi (une matinée)
Photo : Alexey Komarov / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Pour vous immerger dans la street food de Tbilissi sans vous perdre, voici un circuit d’une demi-journée que vous pouvez faire à pied et en métro :

8h00 — Dézerter Bazar (Didube) Commencez au marché dès l’ouverture pour voir l’animation maximale. Goûtez le pain shotis puri chaud, admirez les pyramides d’épices, achetez quelques noix épicées.

10h00 — Quartier de la gare (Didube) Dans les rues autour du marché, plusieurs cantines populaires servent déjà des khinkali chauds. C’est l’heure du petit déjeuner géorgien version populaire.

11h00 — Old Town (Vieille ville) Prenez le métro jusqu’à la station Liberty Square (Tavisuplebis Moedani) — c’est la station la plus proche du cœur de la vieille ville, d’Abanotubani et de la forteresse Narikala. La rue principale du vieux Tbilissi est bordée de boutiques et d’échoppes : churchkhela, satsivi (poulet en sauce aux noix), fruits séchés.

12h30 — Quartier Meidani / Narikala Les rues en dessous de la forteresse de Narikala sont idéales pour un déjeuner de rue. Plusieurs échoppes servent du lobiani (pain aux haricots) et des adjaruli khachapuri mini. C’est aussi la zone des marchands de souvenirs comestibles.

Cette exploration de la street food s’intègre naturellement dans un itinéraire plus large à la découverte de Tbilissi. Retrouvez les autres incontournables dans notre guide des restaurants de Tbilissi.


La street food géorgienne est l’une des plus généreuses et des plus accessibles du monde. Manger en Géorgie, c’est partager — un khinkali avec un voisin de table inconnu, un morceau de churchkhela offert par une vendeuse de marché, un verre de vin versé par un producteur fier de sa récolte. Laissez-vous guider par les odeurs, les files d’attente des locaux, et le sourire des vendeurs.

Questions fréquentes

Peut-on manger pour moins de 5 € par repas en Géorgie ?

Oui, tout à fait. La street food géorgienne est exceptionnellement bon marché. Pour 3 à 5 GEL (environ 1 à 1,80 €), vous mangez un repas complet de rue : 3 khinkali, un lobiani ou un pain shotis avec un kébab. Avec 10-15 GEL (3,50-5,50 €), vous pouvez vous régaler dans une cantine locale (duqani) sans jamais avoir faim.

Qu'est-ce que la churchkhela ?

La churchkhela est la gourmandise de rue emblématique de Géorgie. On enfile des cerneaux de noix (parfois noisettes ou amandes) sur un fil, puis on les trempe plusieurs fois dans du jus de raisin épaissi à la farine (tatara). Le résultat est une barre caoutchouteuse, sucrée et nourrissante, que l'on fait sécher à l'air libre. Elle se conserve plusieurs semaines et fait un excellent souvenir comestible.

Où se trouve le Dézerter Bazar à Tbilissi ?

Le Dézerter Bazar (Dezertiruli Bazroba) est le plus grand marché alimentaire de Tbilissi. Il est situé à côté de la gare ferroviaire centrale. On y accède facilement en métro (station Station Square / Vagzalis Moedani, lignes 1 et 2) ou en minibus. Il est ouvert tous les jours, avec le plus grand choix en matinée.

Les marchés géorgiens sont-ils sûrs pour les touristes ?

Oui, les marchés géorgiens sont tout à fait sûrs pour les touristes. Comme dans tout marché, gardez vos affaires à portée de vue dans les zones très fréquentées. Les vendeurs sont généralement accueillants, beaucoup parlent un peu de russe ou d'anglais. La négociation est possible mais pas aussi pratiquée qu'au Moyen-Orient.

Quels sont les snacks de rue typiques à ne pas manquer en Géorgie ?

Les incontournables sont : le khinkali (ravioli géant à manger à la main), le lobiani (pain fourré aux haricots épicés), le shotis puri (pain plat cuit au four traditionnel tone), le mtsvadi (brochettes de viande grillées), la churchkhela (noix enrobées de jus de raisin), le tklapi (cuir de fruit séché) et les noix épicées. À Batoumi, les adjarian khachapuri (en forme de barque avec œuf et beurre) sont partout.

Y a-t-il des marchés de rue à Batoumi ?

Oui, Batoumi a plusieurs marchés et zones de street food. Le marché central de Batoumi est bien fourni en produits locaux (agrumes, noix, épices). La zone du front de mer et le boulevard Rustaveli concentrent de nombreux vendeurs de street food, en particulier le soir en été.