Sommaire de l'article
- L’alphabet géorgien : ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir la carte
- Menus doublés ou non : à quoi s’attendre
- Comment un menu géorgien est organisé
- Les mots à repérer
- Dix plats courants, écrits comme sur un menu
- Commander : les cas pratiques
- Les khinkali, à la pièce
- Le supra et le tamada
- Quelques phrases utiles
- Payer : addition, service et pourboire
- Les applis qui aident à lire un menu
- Notre conseil pour votre premier repas
- Sources
Vous êtes assis à Tbilissi, la carte arrive, et les lettres rondes et douces du géorgien ne ressemblent à rien de connu. Rassurez-vous : lire un menu en Géorgie est plus simple qu’il n’y paraît, d’abord parce que l’alphabet est très régulier, ensuite parce que quelques dizaines de mots reviennent partout. Ce guide vous donne les repères pour déchiffrer une carte, commander sans stress et payer sans mauvaise surprise.
En bref : les cartes sont souvent doublées en anglais ou en russe à Tbilissi et à Batoumi, rarement en province. Avec une dizaine de mots écrits en géorgien (khinkali, khachapuri, mtsvadi…), quelques phrases de politesse et un œil sur le bas de l’addition (service d’environ 10 % parfois ajouté), on se débrouille presque partout.
L’alphabet géorgien : ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir la carte
L’écriture utilisée au quotidien s’appelle le mkhedruli. Elle compte 33 lettres et ne distingue pas les majuscules des minuscules dans l’usage courant : un nom de plat s’écrit avec les mêmes lettres, qu’il soit en début de phrase ou non. Chaque lettre correspond à un son, ce qui rend la lecture régulière dès qu’on en connaît quelques-unes. Ce système fait d’ailleurs partie, avec deux écritures plus anciennes encore employées dans le cadre religieux, d’un élément inscrit en 2016 par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel (voir nos sources en fin d’article).
Concrètement, personne ne vous demande d’apprendre les 33 lettres pour dîner. Visez plutôt la reconnaissance de formes : repérer la forme d’un mot que vous avez déjà vu, comme ხინკალი pour les khinkali, ხაჭაპური pour les khachapuri ou მწვადი pour les brochettes. Après deux ou trois repas, l’œil les retrouve sans effort.
Menus doublés ou non : à quoi s’attendre
- Tbilissi et Batoumi : de nombreuses cartes sont doublées en anglais, parfois en russe, avec des photos dans les adresses les plus touristiques.
- Hors des deux grandes villes : en Kakhétie, en Svanétie ou à Koutaïssi, un menu uniquement en géorgien est courant. Dans une maison d’hôtes, il n’y a parfois pas de carte du tout : on vous annonce ce qui est prêt.
- Les traductions approximatives existent même quand la carte est bilingue : un même plat peut avoir deux noms différents d’une langue à l’autre. Un mot en géorgien reste la référence la plus sûre.
Pour choisir un restaurant avant de vous y attabler, notre guide des restaurants de Tbilissi liste des adresses par quartier.
Comment un menu géorgien est organisé
La carte suit une logique proche de celle d’un menu français, avec des rubriques que l’on retrouve d’une adresse à l’autre. Les intitulés ci-dessous sont des mots de base ; chaque restaurant formule les siens à sa façon.
| Sur la carte | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| მენიუ | meniu | Menu, carte |
| ცივი კერძები | tsivi kerdzebi | Plats froids |
| ცხელი კერძები | tskheli kerdzebi | Plats chauds |
| სალათები | salatebi | Salades |
| დესერტები | desertebi | Desserts |
| სასმელები | sasmelebi | Boissons (surtout alcoolisées) |
Le mot კერძი (kerdzi) désigne un plat préparé. Vous le verrez accolé à un adjectif : froid, chaud… Dans les restaurants traditionnels, les entrées froides (à base de légumes, de noix ou de fromage) se partagent au centre de la table, tandis que les plats chauds suivent.
Les mots à repérer
| Mot | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| ხორცი | khortsi | Viande |
| თევზი | tevzi | Poisson |
| ცხარე | tskhare | Piquant, relevé |
| ვეგეტარიანელი | vegetarianeli | Végétarien |
| ფასი | pasi | Prix |
| წყალი | tskali | Eau |
| ღვინო | ghvino | Vin |
| ნიგოზი | nigozi | Noix |
Le mot « portion » dépend souvent du restaurant : cherchez plutôt un poids ou un nombre de pièces à côté du prix, et demandez au serveur en cas de doute. Les prix sont indiqués en lari (GEL).
Dix plats courants, écrits comme sur un menu
| Sur la carte | Transcription | Description courte |
|---|---|---|
| ხინკალი | khinkali | Raviolis géants, farcis de viande ou de fromage, mangés à la main |
| ხაჭაპური | khachapuri | Pain au fromage, en plusieurs variantes régionales |
| მწვადი | mtsvadi | Brochettes de viande grillée |
| ლობიო | lobio | Haricots : le mot désigne le haricot, et sert de nom à un plat de haricots |
| ჩაქაფული | chakapuli | Plat mijoté à base d’agneau, d’herbes et de sauce à la prune |
| შქმერული | shkmeruli | Plat de volaille, nommé d’après un village |
| ხარჩო | kharcho | Soupe épicée de viande et de légumes, aux noix moulues |
| ჩახოხბილი | chakhokhbili | Ragoût de volaille |
| ბადრიჯანი | badridjani | Aubergine, souvent en entrée froide avec une préparation aux noix |
| ჩურჩხელა | churchkhela | Confiserie en bâtonnet à base de noix et de jus de raisin |
Pour comprendre ce que ces plats ont dans l’assiette, notre guide de la gastronomie géorgienne détaille les pains, les grillades et les desserts, et celui sur la street food et les marchés vous aide à manger en dehors des restaurants.
Commander : les cas pratiques
Les khinkali, à la pièce
Les khinkali s’ajoutent à la table à la pièce et non en portion fixe. Indiquez un nombre pour l’ensemble du groupe, puis relancez si le plateau se vide.
Le supra et le tamada
Le supra (სუფრა) est le grand repas festif géorgien : une table chargée de plats posés d’avance, rythmée par des toasts. Le tamada (თამადა) est la personne qui conduit ces toasts. Pour un supra en restaurant, il vaut mieux discuter à l’avance du menu et des boissons avec l’établissement.
Quelques phrases utiles
En géorgien, un mot suivi de გთხოვთ (gtkhovt, « s’il vous plaît », forme polie) suffit à passer commande. Prononcez lentement, montrez le mot sur la carte, et le reste vient tout seul.
| Phrase | Transcription | Sens |
|---|---|---|
| მენიუ, გთხოვთ | meniu, gtkhovt | La carte, s’il vous plaît |
| წყალი, გთხოვთ | tskali, gtkhovt | De l’eau, s’il vous plaît |
| ხინკალი, გთხოვთ | khinkali, gtkhovt | Des khinkali, s’il vous plaît |
| გემრიელია | gemrielia | C’est délicieux |
| მადლობა | madloba | Merci |
| ანგარიში, გთხოვთ | angarishi, gtkhovt | L’addition, s’il vous plaît |
Pour signaler un aliment à éviter, le plus simple est de montrer un mot écrit : ნიგოზი (nigozi, noix) ou ალერგია (alergia, allergie). Pour les phrases complètes sur les noix, voir notre guide sur l’allergie aux noix en Géorgie, et pour les régimes sans viande, celui sur la cuisine végétarienne et végane.
Allergie grave : aucune traduction ne garantit la sécurité d’un plat. Ne vous fiez pas à une seule traduction automatique : prévoyez une carte écrite en géorgien, vérifiée avant le départ, et confirmez avec le serveur. Pour toute question de santé, adressez-vous à un professionnel.
Payer : addition, service et pourboire
Quand vous demandez ანგარიში, გთხოვთ, la note arrive à la table. Avant de payer, lisez les dernières lignes : un service d’environ 10 % est souvent ajouté d’office, surtout à Tbilissi et à Batoumi, et il figure parfois seulement en petits caractères sur la carte. Dans ce cas, le pourboire est déjà inclus. Notre article sur le pourboire au restaurant en Géorgie détaille chaque situation, de la grande table au petit café.
Les applis qui aident à lire un menu
Quand la carte n’est pas traduite, une appli de traduction fait gagner du temps. Les outils généralistes comme Google Lens ou Google Traduction, avec le mode appareil photo, remplacent le texte géorgien par du texte français à l’écran : c’est gratuit, simple, et ça suffit pour une carte courte. Ils traduisent le texte, mais n’expliquent pas ce qu’est un plat ni comment le manger.
C’est là que se place MENU-PAAN, une appli japonaise. Voici ce qu’elle propose :
- on photographie le menu, elle le traduit en français et explique chaque plat (ingrédients, façon de le manger) ;
- elle montre des images de référence des plats ;
- elle aide à commander dans la langue locale : on montre l’écran au serveur, cuisson de la viande comprise ;
- elle explique les usages de paiement locaux (taxes, service, pourboire) ;
- on peut indiquer les aliments à éviter et obtenir une fiche dans la langue locale ;
- elle propose des phrases toutes faites pour le restaurant et permet de partager le menu traduit par QR code.
Elle s’installe comme une appli classique sur iPhone (App Store) comme sur Android (Google Play) ; sur ordinateur, elle s’utilise directement dans le navigateur. La version Lite est gratuite jusqu’à 3 traductions par jour ; des packs et des forfaits voyage payants existent pour aller plus loin.
À garder en tête : une traduction par IA peut contenir des erreurs. Confirmez toujours les ingrédients et les allergènes avec le serveur, quelle que soit l’appli utilisée.
Notre conseil pour votre premier repas
Photographiez la carte avant de commander, repérez les trois ou quatre mots de la liste ci-dessus, et commencez par un plat que vous reconnaissez : khinkali, khachapuri ou mtsvadi. Le reste se découvre en pointant du doigt, en demandant « qu’est-ce que c’est ? » au serveur et en acceptant parfois d’être surpris. C’est aussi comme ça que l’on découvre les meilleures tables.
Goûter la Géorgie avec un guide
Food tours, cours de cuisine et dégustations réservables en ligne, avec annulation gratuite sur la plupart des activités.
Sources
- Office national du tourisme de Géorgie : la cuisine géorgienne
- UNESCO : Living culture of three writing systems of the Georgian alphabet
Questions fréquentes
Les menus sont-ils traduits en anglais en Géorgie ?
À Tbilissi et à Batoumi, beaucoup de restaurants proposent un menu doublé en anglais ou en russe, parfois avec des photos. En province, dans les petites adresses familiales et les maisons d'hôtes, le menu est souvent uniquement en géorgien, voire oral. Prévoyez de quoi déchiffrer quelques mots clés.
Combien de lettres compte l'alphabet géorgien ?
L'écriture courante, le mkhedruli, compte 33 lettres. Elle n'a pas de majuscules ni de minuscules : toutes les lettres s'écrivent de la même façon, ce qui simplifie la lecture d'une carte. Chaque lettre correspond à un son.
Faut-il apprendre l'alphabet géorgien pour manger au restaurant ?
Non. Beaucoup de cartes sont lisibles en anglais, et on peut toujours pointer un plat du doigt. Reconnaître une dizaine de mots écrits en géorgien (khinkali, khachapuri, mtsvadi…) suffit pourtant à se repérer sur une carte sans traduction.
Comment commander des khinkali ?
Les khinkali se commandent le plus souvent à la pièce : on indique le nombre voulu pour la table, que l'on peut montrer avec les doigts ou écrire sur un papier. Les serveurs en apportent généralement par plateau ; on demande ensuite un complément si besoin.
Le service est-il compris dans l'addition ?
Pas toujours. De nombreux restaurants de Tbilissi et de Batoumi ajoutent un service d'environ 10 %, parfois indiqué en petits caractères sur la carte. Regardez le bas de la note avant de décider d'un pourboire.
Une appli de traduction de menu est-elle fiable pour les allergies ?
Non, pas à elle seule. Une traduction automatique, par IA ou non, peut se tromper sur un ingrédient. Pour une allergie grave, confirmez toujours avec le serveur et prévoyez une carte écrite en géorgien, vérifiée avant le départ.